{"id":970,"date":"2016-03-18T15:43:21","date_gmt":"2016-03-18T15:43:21","guid":{"rendered":""},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.chapelle-crecy.com\/?p=970","title":{"rendered":"Le calvaire de Villiers-sur-Morin"},"content":{"rendered":"<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<div align=\"center\"><img decoding=\"async\" src=\"\/IMG\/jpg\/calvaire-villiers-avant.jpg\" width=300><\/div>\n<\/td>\n<td>\n<div align=\"justify\">\nSitu\u00e9 au carrefour de la rue de Paris et du chemin Blanc, face au cimeti\u00e8re, il est masqu\u00e9 en partie par des poteaux \u00ab t\u00e9l\u00e9phonique\u00bb, \u00ab EDF \u00bb et un panneau \u00ab C\u00e9dez le passage \u00bb, son socle est dissimul\u00e9 par d&rsquo;affreux Berb\u00e9ris !<br \/>\nIl vient d&rsquo;\u00eatre admirablement nettoy\u00e9 par Jean-Michel, un villiermorinois amoureux du patrimoine local. Pour marquer cet \u00e9v\u00e8nement qui co\u00efncide avec le d\u00e9but de la Semaine Sainte 2016, une procession allant de ce calvaire jusqu&rsquo;\u00e0\u00a0 l&rsquo;\u00e9glise St R\u00e9mi de Villiers sera organis\u00e9e ce samedi 19 mars 2016 \u00e0\u00a0 partir de 18h00 avec b\u00e9n\u00e9diction es Rameaux par le P\u00e8re Aim\u00e9.<br \/>\nVenez nombreux pour nous rem\u00e9morer \u00e0\u00a0 Villiers, comme dans toutes les paroisses de France, la mont\u00e9e de J\u00e9sus vers J\u00e9rusalem qui pr\u00e9c\u00e9da sa douloureuse Passion !!!<br \/>\nEt maintenant, place \u00e0\u00a0 Lidye qui nous relate dans la suite de cet article l&rsquo;histoire de ce calvaire&#8230;\n<\/div>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<div align=\"justify\">Claude JOULEAU, ancien du village, il y a quelques ann\u00e9es m&rsquo;avait \u00e9voqu\u00e9 l&rsquo;histoire de ce calvaire, qui selon lui avait \u00e9t\u00e9 \u00e9rig\u00e9 pour remplacer celui qui \u00e9tait implant\u00e9 sur la place de l&rsquo;\u00e9glise.<br \/>\n Que nous r\u00e9v\u00e8lent les archives sur son histoire ?<br \/>\n En 1866, M. RENAUD, propri\u00e9taire du ch\u00e2teau de Villiers-sur-Morin, fit construire enti\u00e8rement \u00e0 ses frais l&rsquo;autel Saint Louis dans l&rsquo;\u00e9glise du village. Il fut b\u00e9nit le 23 ao\u00fbt de la m\u00eame ann\u00e9e, par M. le chanoine DENIS, en pr\u00e9sence de M. F\u00e9lix MORIN cur\u00e9 de la commune. Le m\u00eame jour, fut b\u00e9nie une magnifique croix en fonte \u00e9rig\u00e9e sur la place publique due \u00e0 la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 de M. JULLIANY, gendre de M. RENAUD, en vertu des lettres de permissions accord\u00e9es par Monseigneur ALBAN, \u00e9v\u00eaque de Meaux. La croix a \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9e en remplacement d&rsquo;une croix en bois qui tombait de v\u00e9tust\u00e9. Etaient pr\u00e9sents : M. le cur\u00e9 MORIN, Messieurs  ROYER, GIVERNE, MONGROLLE, MARLIN, JUVIGNY, repr\u00e9sentant le conseil de la Fabrique *  ainsi que M.BERTHIER maire de la commune. <\/p>\n<p> Vingt et un ans plus tard, le jeudi 23 juin 1887, sur la proposition de M. Aimable LEVESQUE de Dainville, le conseil municipal de Villiers-sur-Morin, votait \u00e0 la majorit\u00e9 de huit voix sur dix votants, la d\u00e9molition de cette croix, qui soi-disant \u00ab faisait peur aux chevaux \u00bb (sic)<br \/>\n La d\u00e9molition fut ex\u00e9cut\u00e9e sur l&rsquo;ordre de M. le maire, malgr\u00e9 les protestations indign\u00e9es d&rsquo;Albert COTTIN, ma \u00eetre ma\u00e7on, L\u00e9on COTTIN son fr\u00e8re, Louis LHUILLIER, Barnab\u00e9 TUFFIN. Le maire ne voulait pas faire mentir M. SAVOUREUX, sous-pr\u00e9fet de l&rsquo;arrondissement de Meaux qui, dans une visite faite peu de temps auparavant dans la commune de Villiers, l&rsquo;avait qualifi\u00e9 justement de t\u00eatu et de d\u00e9molisseur.<br \/>\n Avaient vot\u00e9 pour la d\u00e9molition :<br \/>\n&#8211; Emile POTTIER, maire de la commune, pr\u00e9sident de la soi-disant Soci\u00e9t\u00e9 de \u00ab Libre Pens\u00e9e \u00bb, Z\u00e9phyrin LEVESQUE, secr\u00e9taire de cette soci\u00e9t\u00e9  de libre penseurs, Jean-Antoine COUTEAU, adjoint au maire, Fran\u00e7ois LAURENT, Fran\u00e7ois DEHU, Ars\u00e8ne LHUILLIER, Andr\u00e9 GUILLIOT  et Aimable LEVESQUE auteur de la proposition.<br \/>\nAvaient vot\u00e9 contre la d\u00e9molition :<br \/>\n&#8211; Pierre-Antoine BERTHIER, ancien maire de Villiers pendant 17 ans, dont les habitants du pays regrett\u00e8rent longtemps son administration paternelle, surtout pendant l&rsquo;invasion de 1870 et de 1871. Alphonse GRENIER, cultivateur, tr\u00e8s distingu\u00e9 par sa franchisse et son honorabilit\u00e9, que certains Villermorinois verraient bien \u00e0 la t\u00eate de l&rsquo;administration de la communale.<br \/>\nEtaient absents : Gilbert ABIT conseiller d\u00e9missionnaire, Charles-Etienne BEQUET malade.<\/p>\n<p> Pour protester contre cette d\u00e9molition, M. LEGRAIN Eug\u00e8ne, sculpteur demeurant \u00e0 Paris, fit \u00e9lever une croix en ch\u00eane sur socle de ma\u00e7onnerie, \u00e9rig\u00e9e \u00e0 l&#8217;emplacement de l&rsquo;actuel calvaire. Sur une parcelle de terrain qu&rsquo;il avait achet\u00e9e \u00e0 la famille GAUDIN par un acte pass\u00e9 en l&rsquo;\u00e9tude de ma \u00eetre BARASSE notaire \u00e0 Cr\u00e9cy.<br \/>\nLe 1er novembre 1887, jour de la f\u00eate de tous les saints, apr\u00e8s les v\u00eapres, les paroissiens se rendirent en procession au cimeti\u00e8re selon la coutume de la paroisse. M. le cur\u00e9 MORIN voulait profiter de la circonstance pour aller b\u00e9nir la nouvelle croix. Pr\u00e9alablement le maire de la commune avait pris un arr\u00eat\u00e9 qui emp\u00eachait   la procession d&rsquo;aller au-del\u00e0  du cimeti\u00e8re. Arriv\u00e9 \u00e0 cette hauteur M. le cur\u00e9 fit arr\u00eater le cort\u00e8ge et annon\u00e7a \u00e0 haute voix qu&rsquo;il allait proc\u00e9der de suite \u00e0 la b\u00e9n\u00e9diction de la croix.  Aussit\u00f4t quittant les habits sacerdotaux, c&rsquo;est-\u00e0-dire, la chape*, l&rsquo;\u00e9tole* et le rochet* dont il \u00e9tait rev\u00eatu, pour ne pas contrevenir \u00e0 l&rsquo;arr\u00eat\u00e9 pris par le maire, tous les fid\u00e8les pr\u00e9sents lui emboit\u00e8rent le pas, pour franchir les quelques m\u00e8tres qui restaient \u00e0 parcourir pour parvenir au pied de l&rsquo;\u00e9difice. Et c&rsquo;est ainsi, in nigris*, sans ses habits sacerdotaux, qu&rsquo;il proc\u00e9da  \u00e0 la b\u00e9n\u00e9diction de la croix, et ce malgr\u00e9 la pr\u00e9sence du garde champ\u00eatre venu sans doute, plut\u00f4t pour faire respecter l&rsquo;arr\u00eat\u00e9 du maire, que pour faire circuler librement la procession.<br \/>\n Une couronne fut d\u00e9pos\u00e9e sur le haut de la croix, b\u00e9nie par M. le cur\u00e9, qui s&rsquo;agenouilla quelques instants pour prier ; il baisa religieusement le socle et tous les assistants firent de m\u00eame.  La c\u00e9r\u00e9monie termin\u00e9e, M. le cur\u00e9 vint reprendre ses v\u00eatements sacerdotaux qu&rsquo;il avait laiss\u00e9s en garde aux chantres* rest\u00e9s bien malgr\u00e9 eux devant la porte du cimeti\u00e8re avec les jeunes gens et les demoiselles qui portaient les banni\u00e8res. La procession reprit le chemin de l&rsquo;\u00e9glise. De retour dans l&rsquo;\u00e9glise, les fid\u00e8les r\u00e9cit\u00e8rent le chapelet pour les \u00e2mes du purgatoire, et ainsi se termina cette c\u00e9r\u00e9monie tant redout\u00e9e de M. le maire et de ses coreligionnaires de la \u00ab Libre Pens\u00e9e \u00bb.<\/p>\n<p> Selon les dires de M. cur\u00e9 ISAMBERT la croix en fonte fut r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e et plac\u00e9e dans l&rsquo;\u00e9glise. Elle fut ensuite, lors d&rsquo;une mission religieuse, d\u00e9plac\u00e9e et \u00e9rig\u00e9e sur un socle de ma\u00e7onnerie dans \u00ab le pr\u00e9 Manche \u00bb \u00e0 Cr\u00e9cy.<br \/>\nLes anciens se rappellent que des ann\u00e9es plus tard, elle fut heurt\u00e9e malencontreusement par un camion, choc dont elle ne se releva pas.<br \/>\nEn 1932, M. le cur\u00e9 F\u00e9lix ISAMBERT, desservant toujours l&rsquo;\u00e9glise de Villiers, constate que depuis quelques ann\u00e9es la croix  en bois se d\u00e9grade et qu&rsquo;elle est en partie vermoulue penchant  dangereusement et mena\u00e7ant de tomber sur la route.<br \/>\nPar acte pass\u00e9 en l&rsquo;\u00e9tude de Me RAYER notaire \u00e0 Cr\u00e9cy, il d\u00e9cidait de racheter la parcelle de terrain sur laquelle elle \u00e9tait \u00e9rig\u00e9e. Cette cession se fit avec M. Paul LEGRAIN, docteur en m\u00e9decine demeurant \u00e0 Paris, fils et h\u00e9ritier de M. Eug\u00e8ne LEGRAIN d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 1915, \u00e0 l&rsquo;origine de la cr\u00e9ation du calvaire.<br \/>\nCe calvaire fut d\u00e9moli le 6 novembre 1932. Sur ses fondements un nouveau calvaire fut aussit\u00f4t \u00e9rig\u00e9. Le socle en pierres et en ciment compl\u00e8tement enduit de ciment, a \u00e9t\u00e9 construit par M. Gaston COTTIN, entrepreneur de b\u00e2timent \u00e0 Villiers-sur-Morin. La croix en super ciment arm\u00e9 (maison BOURLIER et LESAGE \u00e0 Paris), reproduction exacte de l&rsquo;ancienne croix en bois, a \u00e9t\u00e9 mise en place le 22 novembre 1932 et b\u00e9nite le dimanche des Rameaux,  le 9 avril de l&rsquo;ann\u00e9e 1933. Sur sa face est grav\u00e9 : \u00ab Calvaire \u00e9rig\u00e9 en 1887  reconstruit en 1932  b\u00e9nite par ISAMBERT cur\u00e9 \u00bb<\/p>\n<p> Le 8 f\u00e9vrier 1950, M. le cur\u00e9 F\u00e9lix ISAMBERT vendait \u00e0 l&rsquo;Association Dioc\u00e9saine de Meaux, la parcelle sur laquelle le calvaire avait \u00e9t\u00e9 \u00e9rig\u00e9, par acte pass\u00e9 devant M\u00c2\u00b0 Charles RAYER, notaire \u00e0 Cr\u00e9cy. Connaissant l&rsquo;histoire de la croix en fonte de la place de l&rsquo;\u00e9glise, ce cher cur\u00e9 ISAMBERT a peut-\u00eatre pens\u00e9, qu&rsquo;il serait impossible de d\u00e9molir un calvaire, reposant sur une propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e. (Parcelle &#8211; 314 &#8211; du plan cadastral de la commune de Villiers-sur Morin).<br \/>\nLe cur\u00e9 F\u00e9lix ISAMBERT, que certains de nos anciens ont connu est n\u00e9 le 25 mars 1874 \u00e0 Sancy-les-Meaux, fils de Fr\u00e9d\u00e9ric Auguste et de LIENARD Louise D\u00e9sir\u00e9e. Il est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 13 f\u00e9vrier 1953 \u00e0 Meaux.<br \/>\nIl repose dans le cimeti\u00e8re ancien de Meaux, dans le m\u00eame caveau que ses parents et son fr\u00e8re Eug\u00e8ne cur\u00e9 de Souppes-sur-Loing.<br \/>\nCette ann\u00e9e, des b\u00e9n\u00e9voles ont pr\u00e9vu de nettoyer le calvaire. Les Villermorinois d&rsquo;autrefois, seraient surement heureux de constater que les villermorinois d&rsquo;aujourd&rsquo;hui prennent soin des monuments \u00e9difi\u00e9s par leurs anciens. <\/p>\n<p> Glossaire : Wikip\u00e9dia, Le petit Robert.<br \/>\n Fabrique (la): Ensemble de clercs et de la\u00efcs charg\u00e9s de l&rsquo;administration des fonds et revenus affect\u00e9s \u00e0 l&rsquo;entretien d&rsquo;une \u00e9glise.<br \/>\nIn nigris : \u00ab en noir \u00bb, sans aucuns v\u00eatements sacerdotaux.<br \/>\nEtole : longue bande d&rsquo;\u00e9toffe, insigne du sacerdoce, port\u00e9e par le pr\u00eatre dans l&rsquo;exercice de la liturgie.<br \/>\n Chape : v\u00eatement usuel pour se prot\u00e9ger du froid pendant les processions, pos\u00e9 sur les \u00e9paules et ferm\u00e9 sur la poitrine par une attache.<br \/>\n Rochet : a presque la m\u00eame forme que l&rsquo;aube, m\u00eames manches, m\u00eame corps, mais s&rsquo;arr\u00eatant \u00e0 la hauteur des genoux. L&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 des manches est g\u00e9n\u00e9ralement orn\u00e9e de dentelles.<br \/>\n Libre pens\u00e9e : c&rsquo;est une attitude qui consiste \u00e0 refuser tout dogmatisme religieux, philosophique ou autre, et \u00e0 se fier principalement \u00e0 ses propres exp\u00e9riences. Le 21 mars 1848, cr\u00e9ation de la Soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique des libres penseurs.<br \/>\n Chantre : personne qui chante debout dans une \u00e9glise devant un lutrin.<\/p>\n<p> Lidye Gaultier-Migette\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Situ\u00e9 au carrefour de la rue de Paris et du chemin Blanc, face au cimeti\u00e8re, il est masqu\u00e9 en partie par des poteaux \u00ab t\u00e9l\u00e9phonique\u00bb, \u00ab EDF \u00bb et un panneau \u00ab C\u00e9dez le&#46;&#46;&#46;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"class_list":["post-970","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.chapelle-crecy.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/970","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.chapelle-crecy.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.chapelle-crecy.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.chapelle-crecy.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.chapelle-crecy.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=970"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/www.chapelle-crecy.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/970\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.chapelle-crecy.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=970"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.chapelle-crecy.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=970"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.chapelle-crecy.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=970"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}